La Bruit - Conséquences d’une perturbation-privation de sommeil

Pendant le sommeil, le système auditif continue à analyser les sons même si c’est de manière inconsciente.

Face aux bruits nocturnes parfois violents, une habitante du quartier, bonne connaisseuse des dégats possibles sur la santé, nous a proposé cet article dont un extrait est inclus dans notre bulletin de novembre.

Ainsi, les bruits inattendus et/ou agressifs peuvent, au mieux modifier la structure du sommeil et donc sa qualité, au pire, provoquer un réveil brusque extrêmement désagréable.

Il s’ensuit un trouble du sommeil qui peut induire de multiples réveils intempestifs et peut perdurer pendant des mois, voire des années après les nuisances sonores.

Plus grave encore est la persistance d’insomnies qui, prolongées, provoqueront de sérieux problèmes de santé.

Clairement, la victime sera atteinte du fait d’un manque de sommeil réparateur, de problèmes de santé, de manque de concentration à son travail, d’irritabilité dont son milieu social aura à souffrir, ainsi que de somnolences qui peuvent provoquer des accidents de la route ou de travail.

Les troubles observés liés à la privation de sommeil sont d’apparition progressive et peuvent mettre plusieurs semaines à apparaître.

1. Les troubles de l'humeur sont les premiers à se manifester.

On observe:

  • une irritabilité et une irascibilité croissantes;
  • une alternance rapide (quelques minutes) d'euphorie et de dépression;
  • parfois une indifférence à l'environnement avec le désir de rester seul.

2.Instabilité psychomotrice.

La personne ne peut rester immobile. Elle éprouve le besoin de se déplacer, de changer de place, de position (debout, assis). De ce fait, elle a des difficultés à fixer son attention.

3. Les troubles de la sphère visuelle sont multiples et variés

  • sensation de brulure, de picotements oculaires. L'observation montre une hyperhémie conjonctivale (yeux rouges);
  • le sujet voit du brouillard autour des lumières. Parfois, diplopie. La lecture est alors difficile;
  • changement de forme des objets. Le sujet a l'impression que le sol ondule, que les lumières clignotent, que les objets bougent rapidement dans le champ visuel latéral;

 

4.Troubles somesthésiques.

Dysesthésies: la personne perçoit des fourmillements des extrémités (mains, pieds). Au niveau de la face, elle a l'impression d'avoir un chapeau très serré. Des trémulations des paupières et au niveau des membres sont observables. Les tests mettent en évidence une augmentation de la sensibilité à la douleur.

5.Les troubles auditifs sont très inconstants. Le sujet entend des bruits paraissant lointains (sifflements, cloches).

6. Désorganisation de la pensée. Les troubles se caractérisent par:

  • un ralentissement de l'idéation entraînant une parole lente et basse. Aux questions posées, la réponse est longue à venir comme si le délai de réflexion était augmenté;
  • des difficultés à trouver le mot correct. Les phrases restent inachevées. Le sujet a des difficultés à garder un raisonnement logique. Il perd "le fil" logique du discours;
  • une suggestibilité accrue;
  • des oublis des faits récents: il existe une certaine amnésie antérograde. De plus, les personnes privées de sommeil éprouvent des difficultés à se projeter dans le futur (amnésie du futur). Cela est d'autant plus perceptible que ces personnes exercent des responsabilités importantes. Elles se préoccupent essentiellement de la routine quotidienne; 

 

7. Syndrome végétatif (inconstant).

Le bruit peut également agir sur le système inconscient de l’organisme comme le rythme cardiaque, la respiration ou la digestion :

Il est possible d'observer une tachycardie modérée et une hyperthermie (38°-38°5). De plus, l'augmentation de la sensation de faim entraîne une hyperphagie. Des céphalées, des gastralgies, une augmentation de la libido peuvent être observées.

A quels signes peut-on reconnaître une personne privée de sommeil ?

Les signes qui ont été décrits au paragraphe précédent sont également observables dans d'autres syndromes pathologiques: ils ne sont donc pas spécifiques de la privation de sommeil. Cependant, certains sont évocateurs et doivent être recherchés.

  1. 1.     Le faciès de la personne privée de sommeil est caractérisé par des cernes importants au niveau des paupières, des yeux rouges et des trémulations des muscles de la face, principalement des paupières.
  2. 2.     Le comportement doit attirer l'attention. Le sujet est indifférent, ou manifeste une instabilité psychomotrice et une certaine irritabilité aux questions posées. Le sujet parle a voix basse, nécessitant de faire répéter. La personne se frotte les mains, les bras, le front (témoin des dysesthésies).

Dans les familles:

  • les enfants sont les premières victimes. Ces privations partielles permanentes sont à l'origine de troubles de l'attention, d'instabilité motrice et d'irritabilité souvent sources ignorées d'échec scolaire;
  • les adolescents éprouvent fréquemment des troubles du rythme du sommeil entraînant des privations périodiques de sommeil qu'il faut rechercher chez ces jeunes qui, devenant ainsi irritables, instables, sont qualifiés de "caractériels". Le seul traitement efficace est la resynchronisation des rythmes de sommeil;
  • chez tous, une des fonctions supposées du sommeil et du rêve en particulier est la préservation de la personnalité de l'individu. Au cours du rêve, s'expriment les composantes héréditaires de la personnalité auxquelles s'intègrent les acquis journaliers afin de réaliser une adaptation harmonieuse à l'environnement.

 

 

En conclusion, la privation de sommeil est un phénomène fréquent et de plus en plus fréquent actuellement. Elle est une atteinte à la personne physique et psychique. Les symptômes de stress qu'elle engendre ont des répercussions sur le comportement social, professionnel, personnel et familial.

Dr S. CAZABAN (habitante du quartier Notre-Dame)

 

 

RAPPEL DE LA LOI

LA LOI ET LE BRUIT AU QUOTIDIEN

La loi s’attache à protéger les individus du bruit de manière permanente et continue, elle agit donc dans différents contextes : 

Les établissements recevant du public :

La loi impose un seuil de 105 dBA (décibel pondéré A qui constitue une unité du niveau de pression acoustique) à ne pas dépasser. Tous les lieux concernés doivent impérativement disposer d’un système limitant le niveau ou d’un système de coupure, ainsi que d’un afficheur donnant l’affichage de la pression.

Les bruits de voisinage :

«Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé, qu’une personne en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne, d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé sous sa responsabilité.

Tapages injurieux ou nocturnes : ils sont sanctionnés par des amendes de 3ème classe (450€ et plus) pour les particuliers et de 5ème classe (1500€ à 3000€) pour les professionnels.

Certaines infractions, dans des cas considérés comme des agressions sonores en vue de troubler la tranquillité d’autrui, peuvent être sanctionnées par un an d’emprisonnement et 15000€ d’amende.

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